Le Prix Farel

Shownotes

Partager des histoires qui nous rapprochent pour résister à la saturation numérique : Camille Andres nous invite à repenser notre rapport à l'image et au débat public à travers le Prix Farel (19-22 novembre 2026).

La saison 2026 du podcast part des histoires qui se vivent sur le terrain ecclésial, pour identifier des thèmes et des enjeux cruciaux pour le monde dans lequel nous vivons, des réalités dont il faut qu’on parle.

Présentation À l'ère de l'« infobésité » et de la polarisation entretenue par les algorithmes, comment le format documentaire peut-il nous aider à ralentir et à recréer du lien ? Camille Andres, journaliste et directrice du Prix Farel, raconte comment la réalisation de son premier film l’a poussée vers l’image pour témoigner de récits de vie inspirants et holistiques. Pour elle, le festival neuchâtelois est un espace à taille humaine qui permet des rencontres réelles et de fait dialoguer les formats, du long-métrage traditionnel aux nouvelles écritures de YouTube.

Comment décrypter les nouveaux codes de l'image en ligne sans s'épuiser face à la course à l'audience ? De quelle manière une perspective humaniste et ouverte peut-elle favoriser l'empathie et la construction collective de la pensée ? Dans cet épisode, Elio Jaillet s'entretient avec Camille Andres pour explorer les défis de la création visuelle et le pari de faire du film un pont entre les questionnements éthiques ou spirituels et la société civile.

Ressources Le Prix Farel a lieu du 19 au 22 novembre à Neuchâtel. Vous trouverez toutes les informations sur le site internet du festival prixfarel.ch

Vous pouvez suivre le travail journalistique de Camille dans le magazine des Eglises réformées de suisse romande Réformés - Le Journal.

Voici également les autres productions de Camille mentionnés durant l'échange :

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00:00:02: Explore un podcast de l'Église évangélique réformée de Suisse pour découvrir l'église qui arrive et un monde transformés par la foi.

00:00:14: Salut, je suis Heliot Jaillet chargé de théologie et d'éthique pour L'Églaise Évangelique Réformée De Suisse.

00:00:21: Et pour la troisième saison de ce podcast nous partons du terrain ecclésial Pour identifier des thèmes et des enjeux crucials pour le monde dans lequel nous vivons En fait des réalités dont il faut qu'on parle.

00:00:31: Et chaque épisode commence avec un récit, celui de cet épisode est donné par Camille Andresse.

00:00:36: On l'écoute

00:00:36: !

00:00:55: Tout simplement.

00:00:56: un jour, je réalisais une série de reportages pour ID news en montagne au pays d'en haut sur les Tiva et donc cette première AOP fromagère en Suisse.

00:01:06: Et puis au cours de cette série de reportsage, je vois une femme incroyable qui porte un projet de ferme très innovant, qui sort de tout ce que j'ai pu voir jusque-là et qui réunit de manière assez holistique, une dimension écologique, une dimensions d'innovation énergétique, de recyclage de l'eau... une dimension spirituelle, une dimension d'accueil du handicap.

00:01:29: Une dimension de commerce durable locale... De construction durable.

00:01:34: et je me suis dit mais purée j'ai vu ça.

00:01:36: nul par ailleurs !

00:01:37: Et on était entre la première greffe des femmes ou plutôt entre Mitu et les grèves du climat encore avant le Covid Et tout ça, voilà à cette époque-là je me disais purée il faut qu'on parle de ça des récits de femmes puissantes qui portent des projets de transformation.

00:01:54: Il n'y en a pas trente six Et je venais de finir cette longue exploration pour Heidi.

00:01:58: Je me disais non, je ne peux pas continuer ça à l'écrit !

00:02:01: Cette femme c'est un personnage et il faut la mettre à l''écran.

00:02:05: Et comme ça tout simplement autour d'une discussion où j'l'écoutai parler dans les prêts de son projet... Je me suis dit mais je veux partager cela à plus de monde.

00:02:14: Je vais en faire un documentaire alors que je m'étais jamais vue.

00:02:17: Je ne suis pas quelqu'un de l'image, je connais pas la télé.

00:02:19: C'est comme ça qu'elle nait mon premier documentaire, comme ce qui est né le lien avec l'image on va dire plus personnel et ce qui m'a amené de fil en aiguille à diriger le prix pharelle

00:02:28: aujourd'hui.

00:02:58: L'exploitation dont tu parles s'appelle, je crois aujourd'hui Votre cercle de vie.

00:03:01: Oui ça aussi on trouve toute l'évolution.

00:03:03: on était en deux mille vingt-deux quand le documentaire est sorti je crois

00:03:06: exactement.

00:03:07: donc vous avez subit le covid durant le temps de montage Le

00:03:11: tournage surtout à du sphère entre les gouttes entre les masques entre tout ça.

00:03:16: Donc Camille tu es journaliste Tu la dis un plus tôt.

00:03:20: presse.

00:03:20: non oui tu as dit radio ce que je ne savais pas Radio au départ

00:03:23: à

00:03:23: l'origine et on se voit quand même plutôt presse écrite connue pour celles et ceux, les réformés de Suisse Romande.

00:03:30: Tu peux être connu par le mensuel réformé pour lequel tu diriges souvent certaines éditions.

00:03:34: Tu as aussi dirigé un hors-série, une édition spéciale sur la nature et nous ?

00:03:39: Dieu La Nature et Nous, c'était le hors série écotologique de réformer qui a été quand même construit grâce à toute l'équipement !

00:03:45: Oui

00:03:46: mais tu as dirigé le projet, tu as aussi accompagné l'édition française d'un manuel d'innovation communautaire enfin... Toute une série de trucs que tu expérimentes volontiers avec les formats.

00:03:53: apparemment quand même

00:03:55: On aime bien innover, réformer une équipe et un mensuel qui a permis plusieurs innovations.

00:04:03: C'était chouette !

00:04:04: Et

00:04:05: maintenant ce sujet aujourd'hui c'est plus ?

00:04:09: toi en tant que directrice du prix Pharell, parler du prix pharell qui aura lieu cette année du XIX au XX de novembre.

00:04:15: Normalement cet épisode sort encore avant le festival.

00:04:18: il y a donc à aller vous renseigner sur ce festival.

00:04:21: on va en parler et puis je vais aussi mettre des liens dans la description pour vous rensaigner.

00:04:26: mais parlons donc de ce festival d'abord.

00:04:28: est-ce que tu pourrais un peu le t'écrire ?

00:04:30: Qu'est-ce qu c'est ?

00:04:31: Et puis nous donner juste son histoire dans les grandes lignes.

00:04:33: Oui, le prix Faral c'est un festival documentaire qui a lieu tous les deux ans à Neuchâtel.

00:04:39: Aujourd'hui il est ouvert à tout public, sur la question haïtique spirituelle religieuse et on s'est ouverts depuis de l'année que l'on voit dans les formes réseaux sociaux.

00:04:48: donc on n'a pas que des documentaires mais aussi des formats web.

00:04:52: A l'origine cela dit c'était une réunion des producteurs d'émissions télés protestantes.

00:04:59: Donc toute à l' origine dans les années soixante en soixant-sept quand c' était né.

00:05:03: d'émissions protestantes qui se sont réunies et de Suisse Romande, et qui ont décidé de se challenger entre eux sur quelle serait la meilleure émission.

00:05:12: Donc ils ont fait un concours entre eux très vite, en septembre trois.

00:05:15: Ça s'est ouvert de manière récommunique à d'autres émissions religieuses francophones au pays latin.

00:05:22: Puis ça s'étaufait au fil des années.

00:05:26: il y a eu des sessions... Donc c'était ouvert au Nouveau International.

00:05:30: Il y a eut des sessions de formation tous les deux ans.

00:05:33: Ca s'élargit, élargi jusqu'à s'ouvrir la fiction aussi et puis à s'offrir aux sujets non-religieux.

00:05:39: alors ça c'étais déjà dans les années... C'était déjà beaucoup plus tard dans les.

00:05:42: Et puis, le jury est devenu inter-religieux en twenty-huit et puis on va dire ouais autour des années deux mille dix de mille vingt il y a eu vraiment aussi l'idée d'ouvrir au delà du fait religieux aux questions éthiques sociales.

00:05:54: C'était plus vraiment les émissions uniquement religieuses mais vraiment plein d'autres films ont un lien avec ces questions là.

00:06:02: Et c'est le lien du coup avec prix Pharrell donc Pharrelle Guillaume Pharrelli figure la passe Guillaume Varelle, donc figure de Proud la réforme en Suisse romande.

00:06:14: C'est avec lui que tout a commencé on pourrait dire.

00:06:18: mais du coup pourquoi ce lien là ?

00:06:19: Alors hormis du fait qu'on est à Neuchâtel...

00:06:21: Oui, oui c'était une figure de Châtéloise.

00:06:23: Alors pourquoi le nom préféré ?

00:06:24: Nous on a hérité notre équipe, elle a hérité ce nom de ce qu'on nous a transmis.

00:06:29: et j'ai pas encore... On n'a pas encore déployés toutes les archives mais le nom aurait été choisi parce que c'est quelqu'un de fortiche en communication parce qu'il savait rameter les foules, créer l'incident, créé l'événement pour se faire entendre, se faire écouter.

00:06:44: Donc c'est quelqu'un qui avait un don de réunir.

00:06:46: on va le retenir comme ça.

00:06:48: Évidemment c'était un personnage avec plein d'aspects et pleins d'aspérités aussi mais je crois que c'étais ça l'origine... produit en twenty-four, un petit explainer sur le sujet avec RTS Religion qui est toujours accessible en ligne pour comprendre un peu le lien entre le nom de ce festival et puis le nom se réformateur.

00:07:05: Mais je pense que l'ADN de tout ça c'est l'humanisme.

00:07:10: C'est de dire on se réunit ensemble, on parle ensemble.

00:07:12: C''est ce qu'on retient aujourd'hui.

00:07:14: Et c'était là que vous défendez ?

00:07:17: Du coup j'avais noté cela en description.

00:07:20: On se ferait quelque part au Festival Humaniste C'était documentaire et humaniste.

00:07:28: L'importance du documentaire aujourd'hui dans ce festival, juste peut-être en deux mots... Si j'y vais, je verrai que des documentaires.

00:07:37: Non

00:07:38: pas en twenty-six le documentaire c'est l'ADN effectivement historique du festival.

00:07:42: donc c'était parler de la réalité des faits réels.

00:07:44: il y a toujours une place enfin pas toujours mais ça s'est ouvert on va dire à partir des années deux mille à la fiction.

00:07:49: on a cette année toute une programmation hors compétition en fiction mais je pense qu'on a quatre ou cinq fictions y compris lors de la soirée d'ouverture.

00:07:58: on a aussi des formats youtube qui sont si tu veux des nouveaux formats documentaires.

00:08:01: mais effectivement l'essentiel on va pour cent du programme, c'est du doc.

00:08:06: À côté de ça on a d'autres choses.

00:08:08: On n'est pas fermés à d'autre format.

00:08:09: Ce qu'on aime c' est faire dialoguer les formats et voir aussi des documentaires qui parfois font appel à la de la fiction.

00:08:14: De l'affiction qui est basée sur des faits réels et puis de voir comment tout cela se construit.

00:08:19: D'accord merci pour cette précision.

00:08:20: Puis on pourra aller voir le programme en ligne du coup.

00:08:23: Exactement

00:08:25: Tu nous as déjà un peu dit ce qui t'a amené aux documentaires ?

00:08:29: en ayant toi-même, en t'étant toi même essayé au genre.

00:08:33: Mais peut être tu veux nous en dire un tout petit peu plus de comment tu débarques ?

00:08:37: Peut-être spécifiquement appris pharelle avant le petit volet là dessus.

00:08:40: mais en général, comment ça s'insère dans ta propre trajectoire avec le milieu réformérément, le protestantisme... En général parce qu'on se dit un peu intuitivement que le journaliste me paraît culturellement plutôt distant des milieux religieux par la formation.

00:08:56: Voilà, comment cela se passe chez toi?

00:08:57: Alors mon lien entre le journalisme et protestantisme a toujours été là puisque tout simplement quand j'étais étudiante, j'ai découvert l'ébdomadaire réforme.

00:09:07: Et j'était fascinée à l'époque à dix-sept ans en me disant « mais c'est incroyable !

00:09:10: ».

00:09:10: et je dis que c'était un journal protestant.

00:09:12: Donc je leur ai directement écrit.

00:09:13: Mon tout premier stage dans le journaliste était chez Réforme donc l'épdomadaires français à Paris.

00:09:19: Je me tais dit alors à l époque « c' est super », il y a un média qui correspond à mes valeurs, qui traite des sujets qui m'intéressent.

00:09:26: je veux bosser quoi.

00:09:27: Et puis, je crois que mon tout premier job en Alsace c'était auprès du Messager qui était un journal protestant local qui après a été racheté et repris par l'église.

00:09:37: donc c'est une association indépendante qui a été reprise par l''Église et qui est devenue plus un organe de com.

00:09:41: donc à ce moment là voilà en tant que journalistes je me sentais plus forcément à ma place.

00:09:46: j'ai rejoint la presse plus large plus grand public mais j'aie toujours traité des du faits religieux Et je crois que finalement, c'est ça qui m'intéressait dans le journalisme.

00:09:56: C'était faire dialoguer et faire comprendre les communautés entre elles et puis faire comprendre le fait religieux au grand public parce qu'il y avait une énorme lacune.

00:10:08: Donc j'ai commencé en Alsace d'où je suis originaire bien qu'on ait des spécificités locales... Le fait religieur se perd même s'il encore enseignait à l'école et puis se perd aussi parmi les dirigeants parmi les personnes qui doivent prendre des décisions stratégiques.

00:10:22: Il y a de plus en plus de difficultés à dialoguer, je ne vous fais pas un tableau sur la France et l'Aïcité.

00:10:26: Mais

00:10:26: peut-être juste de préciser qu'effectivement LALSA c'est dans un régime de laïcités différent du reste de la France.

00:10:32: Dans le sens où il y a ce qu'on appelle un régimen concordataire ou il ya un lien, une reconnaissance entre l'État et les communautés religieuses là quand même essentiellement La Communion Luthero réformée, Les Églises Lutheros réformées et l''Église catholique romaine Oui,

00:10:47: et puis le judaïsme.

00:10:48: Et donc ce sont trois cultes dont les membres sont salariés par l'Etat.

00:10:55: Ce qui fait qu'ils dépendent du ministère de l'Intérieur.

00:10:57: C'est toute une autre logique.

00:11:00: Je me suis passionnée pour ça.

00:11:02: En venant en Suisse j'ai d'abord travaillé dans le journalisme économique mais très vite mes anciennes passions m'ont rattrapées.

00:11:08: J'ai rejoint l'équipe de rédaction de réformer Ici, et finalement quand le prix Farrell m'a sollicité ça réunissait un peu tout ce que j'aimais puisque c'était traiter du fer religieux avec l'image que je venais découvrir avec mon doc.

00:11:21: Traiter enfin permettre des débats à des discussions publiques ce que je trouve essentiel y compris dans le domaine du journalisme où on a tendance parfois, enfin ou il y a un gros problème de renouvellement d'entre soi et je pense qu'il faut vraiment renouveler la question du rapport au public.

00:11:34: J'ai pas la solution, on y réfléchit tous mais clairement se rencontrer et se parler... Je pense que ça c'est une première étape !

00:11:42: Et puis il y avait cette dimension internationale qui met très cher en tant qu'Alsacienne aussi et donc je trouve super de pouvoir réunir des gens de plusieurs univers pour des fois se rendre compte qu'on a des défis très similaires, des solutions différentes.

00:12:01: Merci pour ce petit bout d'introduction par rapport aux enjeux que l'on va pouvoir discuter autour du festival et puis aussi pour ce parcours riche.

00:12:12: je ne savais pas que c'était si dès le départ au fond tu étais un peu une actrice du journalisme protestant Mais bien sûr qu'il est toujours un peu à la frontière par rapport à son propre milieu, pour le dire comme ça.

00:12:26: Je crois que ce n'est pas du tout... À la frontiere ?

00:12:27: Qu'est-ce que tu veux dire

00:12:27: par là?

00:12:28: ?

00:12:28: Dans le sens où le journalisme avec sa vraiment indication d'indépendance, une part éditoriale de pouvoir faire des enquêtes

00:12:35: etc.,

00:12:35: de la démarche journalistique qui est toujours dans une recherche disons d'objectivité ou en tout cas de communication, de faits.

00:12:46: De construction du fait aussi en partie mais d'une communication commune des faits qui n'est pas réservé juste à un agenda ou d'organisation, d'un groupe, une personnalité etc... C'est un

00:12:54: vrai enjeu !

00:12:55: J'avais traité la question du journalisme communautaire dans un mémoire que j'avais fait dans mon master d'islamologie sur la question d'il y a différents médias musulmans en France.

00:13:02: Comment se positionnent entre?

00:13:04: En fait, on est à la fois du journalisme spécialisé et des fois on est le représentant.

00:13:08: On est compris interprété comme étant le représentante d'une communauté ce qui n'est pas toujours le cas.

00:13:12: ça dépend des financements de la posture.

00:13:14: Ça peut changer aussi au cours de l'histoire d'un média.

00:13:17: donc c'est une tension permanente avec laquelle il faut composer, qui rend aussi le métier passionnant.

00:13:22: Des fois y'a des moments où c'est plus possible et donc qu'il faut placer ses limites.

00:13:25: voilà mais c' est aussi une richesse et un savoir spécialisé que d autres médias n ont pas et qui par ailleurs se perd et qui je crois reste nécessaire.

00:13:34: Mais c surs que ce ne sont pas toujours dans ces médias là qu on aura des enquêtes ou des investigations les plus pertinentes peut-être sur des cas en ce moment d'habit ou autre.

00:13:45: Mais après je pense que c est au lecteur de multiplier ses sources et ses sources.

00:13:49: Aucun média n'a la totalité des infos sur un phénomène, c'est aussi aux citoyens de multiplier ces sources d'informations.

00:13:56: C'est une biodiversité nécessaire ?

00:13:58: – Oui puis surtout maintenant avec les styles de communication qui varient... On va y venir, on va justement venir à la serre de la communication aujourd'hui.

00:14:11: Un festival qui doit continuer à vivre, toi tu l'as dit comme lieu de rencontre essentiellement si en tout cas tu viens de le décrire de cette manière-là.

00:14:18: Donc j'imagine que c'est un des enjeux dont il est porteur, on va parler de ces enjeu.

00:14:23: Est-ce qu'il y a un avec lequel tu aimerais particulièrement commencer ?

00:14:26: Pourquoi c'était important ce prix farèle ?

00:14:27: Pourquoi ça doit exister ?

00:14:29: La tagline qu'on a choisi cette année qui résume et qui donne la direction aussi, l'équipe aimera prendre pour les années à venir, c'étaient des histoires qui nous rapprochent.

00:14:39: Le prix pharelle, ce mot humaniste.

00:14:42: comme ça il semble un peu flotté.

00:14:44: Il veut rien dire en soi mais on a essayé de l'incarner et de comprendre ce que ça voulait dire pour notre festival.

00:14:50: Nous on veut rester à taille humaine.

00:14:51: Y'a beaucoup de festivals qui ont grandi, qui sont devenus énormes ou... On n'a plus forcément le temps de suivre tous les événements, de rencontrer tous les interlocuteurs.

00:15:00: Nous ce n'est pas notre objectif !

00:15:01: On veut rester à taille humaine, c'est-à-dire permettre aux gens de se rencontrer, d'avoir des échanges profonds, pas juste en surface, d''écouter des propos... Bon ben si un espace ne plaît pas d' avoir peut être un autre espace ou on peut découvrir autre chose.

00:15:18: donc voilà peut-être avoir deux espaces et des alternatives mais pas en avoir dix.

00:15:21: Donc ça reste.

00:15:22: voilà on va dire à taillumène parce que je pense qu'il y a de la conviction.

00:15:27: c'est-à-dire pour penser, pour réfléchir, pour changer d'avis il faut rencontrer quelqu'un.

00:15:34: Il faut vraiment avoir... C'est que par la rencontre qu'on peut vraiment avancer dans une pensée et qu' on peut construire à deux une pensées.

00:15:41: si c'était juste écouter une conférence et s'en aller Ça ne va peut-être pas être, comment dire... opérant.

00:15:50: Il faut se voir même pouvoir être impliqué d'une manière ou d'autre, être touché.

00:15:53: Par exemple tous nos films on tient vraiment à ce qu'il y ait des représentants du film si possible, le réalisateur et la réalisatrice qui viennent après pour créer cet échange, pour qu'on se sent à l'aise, pour poser ces questions.

00:16:03: donc c'est un cadre à poser que... tout le monde se sent autorisé à parler, pas seulement les sachants avec le langage qu'il faut etc.

00:16:10: Le festival est à prix libre a priori encore cette année.

00:16:14: on espère pouvoir maintenir ça mais c'est de plus en plus difficile.

00:16:17: c'et un enjeu dont on parlera aussi d'ailleurs.

00:16:19: mais voilà l'idée c'était que ce soit ouvert accessible à tous.

00:16:22: ça aussi peut-être une résurgence ou une suite de cette identité protestante multitudiniste ouverte qui était là aux origines.

00:16:32: Donc voilà, c'est un peu ça je pense le cœur du prix Pharrell.

00:16:35: et l'enjeu principal c'était de rester à un lieu d'hébat, de rencontre, d'échanges à taille humaine pour penser ensemble et pas juste survoler ou se sentir... voir des choses circuler sans qu'on se les approprie

00:16:54: ou justement on consomme de l'information sans soi-même, disons être un bout transformé par transformer.

00:17:02: C'est peut-être un peu exagéré mais

00:17:03: en tout cas... Oui c'est une

00:17:04: belle ambition !

00:17:05: Toucher, déplacer peut-etre ou avoir une occasion de rencontrer au travers du média et pas juste de consommation.

00:17:13: Exactement.

00:17:15: Enfin je ne sais pas pour parler mal de la consommation mais effectivement où on passe d'une chose à l'autre sans s'arrêter.

00:17:22: et au final on…

00:17:22: C'est juste.

00:17:23: Oui, ça sent s'arrêter.

00:17:25: Peut-être aurait-tu un exemple du coup d'une rencontre qui te reste d'un de ces….

00:17:31: c'est quoi ?

00:17:32: Tu en avais déjà eu deux des éditions.

00:17:33: Ah c'était ma deuxième édition oui !

00:17:35: Là c'étais ta deuxième, alors du coup la dernière éditation….

00:17:37: Moi moi c' est un peu différent parce que je papillonne justement que j'ai fait l'inverse.

00:17:41: mais c' était plutôt en préparant effectivement l'édition que je fais de belles rencontres.

00:17:48: Il y en a eu beaucoup, il y a eu des films qui m'ont déplacé.

00:17:52: Là je suis sur l'édition de l'hémisphérique de lundi, j'essaie d'me remettre dans l'edition du film de londi.

00:17:57: Je peux parler d'un film qu'on aura en ce moment ?

00:17:59: Oui bien sûr !

00:17:59: Je me souviens que c'est un film qu on aura en partenariat avec la JDAC donc La Journée Internationale des Droits de L'enfant au cinéma.

00:18:07: et ce film j'étais allé le voir en festival et le cinéaste il avait mon âge quasiment Ça s'appelle ceci au mon corps et c'est l'histoire d'un garçon qui se filme pour parler des abus qu'il a commis, mais en fait qui se filment en dialogue avec ses parents.

00:18:22: Donc ça n'est pas une question de l'église ou de l''institution, c'était plutôt « Qu'est-ce que cela provoque dans la famille ?

00:18:26: ».

00:18:27: Comment la famille revient sur cette histoire et revisitent cette histoire en questionnant ses parents et leurs rôles.

00:18:33: Et voilà !

00:18:33: C'est quelqu'un qui avait mon âge.

00:18:35: et je me souviens que lors de la projection j'me suis dit « Mais pur et ça aurait pu être un copain de classe ».

00:18:39: Ça change toute la perspective déjà que ce soit un documentaire, pas une fiction... Enfin tout d'un coup je me suis sentie ultra proche de ce personnage.

00:18:47: Je me suis dit mais purée et cette histoire m'a paru beaucoup plus touchante réelle.

00:18:53: J'avais traité les cas d'abus de plein de manières en tant que journaliste.

00:18:56: j'avais lu des statistiques, des rapports etc.. J'ai entendu des témoignages vu des fictions mais cette fois-ci, cette fois là, ce film là m'as parlé autrement quelque part assez mystérieux, incompréhensible puisque j'avais eu plein d'oeuvres avec des personnes de tous âges, toutes origines.

00:19:12: Mais voilà cette histoire-là m'a plus touchée qu'une autre et d'ailleurs elle a beaucoup toucher le public.

00:19:18: on est très content de pouvoir la proposer.

00:19:21: cette année

00:19:25: On est sur la culture de l'image avec le documentaire.

00:19:31: tu as évoqué une dimension protestante en parlant d'une ouverture multitudiniste.

00:19:36: Je ne sais pas si je te dis comme ça, mais c'est-à-dire une ouverture large, accueillante, hospitalaire auto-public que tout le monde puisse finalement se retrouver dans ce festival peut être aussi une dimension de rencontre des diversités qu'on peut aussi rattacher à ce protestantisme roman sans doute aussi aléatien qui a pu se développer.

00:20:00: Par contre culture de l'image, ça paraît plutôt étranger.

00:20:03: Clairement le protestantisme au niveau où on comprend pourquoi il investit la presse, l'édition aussi... L'écriture !

00:20:10: On comprend aussi pourquoi la radio peut avoir un certain atrait à cause de la parole.

00:20:13: L'image, on les casse les images plutôt lors d'une réforme que plutôt que l'évaloriser comment ça marche

00:20:19: ?

00:20:19: Alors effectivement on se rencontre régulièrement nous en rédaction chez réformer qui a un problème avec l'image chez réformer qu'on n'a pas cette culture là.

00:20:28: Je me fais encore la réflexion tout récemment à Kif du Toi qui travaille sur le calendrier des religions et qui m'expliquait avoir régulierement du mal à trouver des images pour illustrer la page du protestantisme dans ce calendrier.

00:20:38: alors il n'y a pas du tout cette difficulté.

00:20:41: donc je ne suis pas la seule à faire ce constat.

00:20:44: Il y a effectivement une culture de l'image qui est pas évidente, qui est différente ou qui peut-être lacunaire et qui doit être réparée pensée.

00:20:53: Un autre aspect c'est la responsable des femmes protestantes suisses, la nouvelle responsable les réseaux sociaux dont on a fait le portrait Elza Orsketer je crois qui m'expliquait qu'elle a développé toute une stratégie de présence sur les réseaux sociaux pour les femmes protestantes avec des mini réels, des shorts.

00:21:13: Sur des questions théologiques vulgarisées grand public et elle m'expliquait... Son constat c'était que les églises ne s'étaient pas faites à cette culture de l'image.

00:21:20: donc même si notre festival s'adresse à tout le monde on a une journée dédiée au youtuber la création web sur internet à la présence du fait religieux en ligne avec probablement une masterclass comment créer sur youtube à la fin qui est ouverte à tous.

00:21:34: Et bien je pense que ça pourrait peut-être aussi intéresser les responsables quand même des églises, l'univers ecclésial au sens large.

00:21:41: En tout cas ou des institutions aux sens larges qui ne se sont pas encore emparées de cette culture avec peut être de très bonnes raisons.

00:21:48: Ce n'est pas un jugement mais en tout cas aujourd'hui cette culture est là.

00:21:51: il se passe plein de choses sur ces réseaux.

00:21:54: Bonne ou mauvaise on n'ait pas la pour juger mais pour expliquer et comprendre.

00:21:58: Je crois que ce sont de nouveaux codes qui sont juste à décrypter, à comprendre.

00:22:04: Et donc voilà le prix pharelle est là aussi pour analyser tout ça.

00:22:08: Tu dis justement « décrypté, comprendre ».

00:22:12: Tu as aussi insisté maintenant sur des gens qui doivent produire de l'image quelque part et produire leur propre image.

00:22:18: L'image de la défaim protestante peut-être aussi l'image du protestantisme dans la bulle médiatique contemporaine.

00:22:25: Quel rôle cela a?

00:22:26: justement ce lien entre interpréter l'image, produire les images ou la communication plus générale aussi c'est quelque chose qui apparaît comment vous pouvez le thématiser ça dans le festival.

00:22:41: Le lien entre l'interprétation de la réalité peut-être au travers d'un documentaire peut être au travers une série youtube quelque chose et de l'autre côté il fait produire ces médias-là

00:22:52: ?

00:22:53: Je pense que le fait de connaître les codes, d'être conscient ça permet de les maîtriser et donc de savoir... D'être à l'abri d' être ridiculisé ou faire des faux.

00:23:01: pas quand on produit soi même.

00:23:02: Ou d'ailleurs de comprendre les différentes lectures qu'il peut y avoir qui peuvent être faites.

00:23:09: parce Quand on produit notamment pour les réseaux, ce qui change par rapport à d'autres types de médias c'est qu'on a rapidement des commentaires.

00:23:16: Il y a une communauté qui se construit et on a des retours.

00:23:18: Et donc on est tout de suite très aguerri sur attien à une minute vingt ou sur telle image.

00:23:23: il ya telles choses qui étaient mal perçues, qui était mal comprise.

00:23:26: Donc on a aussi une sorte de dialogue permanent avec la communauté et c'était une sorte du retour immédiat.

00:23:31: Ce n'est pas un mois après.

00:23:33: donc il y a eu une sorte d'analyse en direct de l'image par l'audience.

00:23:39: comment dire, dans un dialogue très rapide.

00:23:42: Et puis il y a le fait qu'on est dans un environnement numérique et qui a des codes.

00:23:45: par exemple récemment sont apparaissées vignettes sur YouTube où il faut justement pour ressortir... Il y a des lois imposés par les algorithmes que l'on aime ou on n'aime pas encore une fois mais il faut aussi plier si on veut quelque part atteindre une certaine audience.

00:24:01: j'imagine que si on produisait quand même pas juste

00:24:04: pour… Pour rester chez soi.

00:24:04: Voilà,

00:24:05: pour remplir le cloud.

00:24:06: Donc voilà ça force simplement à comprendre ces codes et puis à s'y intégrer.

00:24:11: Et peut-être aussi aller déjouer ou aller à comprendre où il vienne, aller parodier, jouer avec.

00:24:19: On n'est pas objectif plié c'est-à-dire je pense que l'essentiel c'était de comprendre d'où ça vient et puis de pouvoir se décaler aussi par rapport.

00:24:27: Et puis quand on est documentariste ou quand on regarde des documentaires, c'est aussi justement comprendre ce qui ne va pas dans ces codes.

00:24:35: Les stéréotypes peuvent être induits et les documentaristes nous stimulent parce qu'ils changent de point de vue.

00:24:41: Ils vont dans la lenteur où ils vont parfois dans des évocations différentes, poétiques, musicales... ils construisent un réel différent qui casse justement ces codes.

00:24:51: Donc je pense que tous les codes sont faits pour être cassés.

00:24:53: et ce qui est intéressant dans un festival, c'est qu'on voit plein de choses qui nous déformatent en voie du formatage mais aussi du déformantage... Et je pense ça nous fait progresser.

00:25:03: Ça nous rend moins prisonnier.

00:25:05: parce que l'enjeu quand même aujourd'hui, c''est qu on est tout se bombarder d'images.

00:25:08: On est saturé d'image à tel point qu'il n'y arrive peut-être plus à prendre du recul Aller lire.

00:25:14: Il y a ce fameux chiffre qui circule maintenant, je ne l'ai plus en tête mais le nombre de sollicitations publicitaires qu'on reçoit en une demi-journée finalement visuelle et énorme.

00:25:23: Ça sature le cerveau.

00:25:24: d'ailleurs j'ai fait l'expérience en vacances cet été de me désaturé.

00:25:27: je pense que on le fait tous et c'est quand même reposant mentalement.

00:25:32: il ya quand même voilà je pense un problème de fatigue mentale d'infobésité.

00:25:39: pardon pour cette tunnel

00:25:41: Pas de soucis.

00:25:42: Ça m'amène à me poser la question si tu rencontres justement des producteurs, des réalisateurs, les gens qui sont dans la technique…

00:25:51: Tu veux dire au niveau de la diffusion des documentaires

00:25:53: ?

00:25:53: La diffusion mais la production aussi ça a une incidence quand même je pense... Si je parle pour moi je sais que je suis aussi amené pour des articles de blog pour ce podcast à réfléchir comment est-ce que je l'amène plus loin?

00:26:05: et donc je dois intégrer.

00:26:06: souvent je me retrouve parasité par les questions où je suis en train de donner forme à quelque chose, à l'entretien qu'on a là maintenant avant ça.

00:26:14: Je me pose la question quel va être le bon résumé à mettre en tête de l'article pour que ça ait des chances d'être trouvé dans un moteur de recherche par exemple ?

00:26:25: Peut-être ma question derrière ça c'est que on est sur du digital comme aussi beaucoup de ce qu'en disait aujourd'hui et sur du digitale or les... C'est pas le cas de toutes les plateformes, mais la plupart des plates-formes ont surtout comme intérêt d'augmenter l'accadence, constamment que ça soit en termes... Dès

00:26:41: prix dans une logique d'audience tu veux dire.

00:26:43: Oui

00:26:44: et donc c'est du toujours plus.

00:26:46: Et au fond tant qu'on est pas dont le toujours plus on n'ait pas dans La Bonne Pente.

00:26:50: À sortir de ça ?

00:26:54: Je me dis qu'il y a un problème avec ça.

00:26:56: – Absolument,

00:26:57: je suis d'accord avec toi et on va le thématiser.

00:26:59: C'est une question que l'on va poser aux Youtubers.

00:27:01: Il y a une logique effectivement de toujours plus qui pousse à les puisements sachant que les Youtubers ne vivent pas toujours de ça.

00:27:07: Certains sont profs à côté d'autres ne vivrent que de cela.

00:27:10: Et c'est quelque chose dont on aimerait discuter avec eux.

00:27:12: On a eu cette année d'ailleurs un désistement pour cause de burn-out de la part d'un participant Youtubeur Et ce n'est pas un sujet neuf chez eux, ça fait des années que c'est thématisé et qui partagent leur dépit, leurs craintes, leurs questionnements par rapport à cela.

00:27:29: Effectivement, ça, c'était des logiques algorithmiques de programmation qui ont été directement... pensées pour des raisons monétaires,

00:27:37: etc.,

00:27:38: par les entreprises qui créent ces algorithmes et on peut ne pas être d'accord avec.

00:27:42: Donc c'est un champ qui existe déjà depuis un certain temps.

00:27:47: YouTube on va dire que l'éclosion ou le boom de Youtube c'était en deux mille cinq donc ce n'est pas tout neuf.

00:27:53: mais on remarque qu'effectivement c'est un champ qui a peut-être besoin de régulation en tout cas, qui pose vraiment question sur l'incidence que ça peut avoir sur les personnes qui en ont fait une économie parce qu'aujourd'hui c'était aussi une économies.

00:28:07: Et en même temps c' est aussi une source d information.

00:28:08: donc ce n s pas tout à fait négligeable.

00:28:10: On parle du journalisme YouTube etc... Donc il y a quand même aussi de bonnes choses là dessus mais à quel prix ?

00:28:17: environnementale, humain, sociétal.

00:28:19: Il y a clairement un questionnement à mener et c'est le genre de questions qu'on mène aussi au prix pharelle.

00:28:24: on est sur ces discussions metta bien sûr sur le contenu mais aussi sur le champ qui produit tout ça.

00:28:29: On a d'ailleurs une discussion qui s'appelle « Je ne m'informe plus ».

00:28:34: et alors pour les personnes saturées d'information qui ne veulent plus justement et ça peut aussi s'adresser aux producteurs d'informations qui disent ben voilà comment je fais pour les gens qui ne voient plus ?

00:28:46: J'allais dire parce que c'est un enjeu aujourd'hui assez important pour le débat démocratique où à la fois on voit bien qu'il y a des effets de polarisation induits par les suggestions algorithmiques en gros et qui sont renforcés à nouveau par l'économie sous-jacente.

00:29:02: L'économie sous-jacente veut ça, pour le dire un peu de manière plate.

00:29:07: Vraiment trop rapide.

00:29:07: faut rentrer dans les têtes pourquoi c'était comme ça.

00:29:09: mais effectivement il ya une tendance du fait du fonctionnement économique de ces plateformes à entretenir ce genre de polarisation ou d'effets de bulle, qui va pas dans le sens des débats démocratiques mais en même temps simplement se retirer des sphères de la communication et de l'information.

00:29:26: Ça me m'empute dans mes capacités de participation au débat, de décision, de vote... Enfin ou du moins d'avoir une vision différenciée des débates et de me l'approprier.

00:29:37: Moi, j'ai pas la solution.

00:29:38: et quand je n'ai plus la solution, ma solution c'est d'en parler ensemble.

00:29:41: C'est exactement pour ça qu'on a créé ces débats.

00:29:45: parce que je crois que... Collectivement, déjà le fait de partager son expérience et d'entendre celles des gens qui sont derrière l'écran.

00:29:51: De savoir comment eux y vivent ça.

00:29:53: Ça permet aussi de relativiser certaines choses, de mieux comprendre.

00:29:56: Ca permet tout simplement de découvrir des contenus de qualité au lieu de tout mettre... D'être radical ou de se dire « Tout ça c'est nul » ou « Tout cela c'était très bien ».

00:30:04: Ou peut-être se dire tiens je fais une curation !

00:30:06: Je vais en écouter cinq.

00:30:08: Pendant six mois je vais suivre l'un.

00:30:10: Et puis d'ailleurs lui même il est lassé de ce qu'il produit.

00:30:12: Il y a des créateurs de contenu qui sont passés du long.

00:30:16: s'YNN elle-même était une chaîne d'informations en continu dans les années nanantes avant de devenir une chaîne de décryptage dans l'année deux mille.

00:30:22: Donc il y a aussi des médias eux-mêmes qui connaissent des évolutions pour plein de raisons, le champ se reconfigure et c'est la même chose pour le champ on va dire des producteurs de contenu sur internet.

00:30:36: donc il ya aussi des évolution à cerner qui correspondent aux attentes du public, mais aussi à une certaine fatigue des créateurs de contenu eux-mêmes et à leurs besoins économiques.

00:30:49: Une question un peu latérale qui me vient l'esprit en entendant c'est qu'on est dans un festival francophone ?

00:30:55: International !

00:30:56: Mais cette année très francophone par la programmation.

00:30:59: Il y a quelques films en anglais qui sont

00:31:02: titrés

00:31:02: en français.

00:31:04: Mais j'imagine que les personnes qui viendront seront quand même...

00:31:07: On est majoritairement francophones cette année, sinon dans tous les cas il y aura de la traduction si jamais.

00:31:12: Mais du coup par rapport à un festival qui essaie justement de faire le lien c'est toute la problématique à Aljassiane et Romande de la gestion du religieux.

00:31:22: ben voilà tu es avec des documentaristes ça se dit comme ça ou des producteurs influenceurs j'allais dire Des gens qui font du contenu en ligne, des personnes qui font de contenus en ligne et qui viennent de la France, qui n'ont pas forcément un rapport non lié entre communication ou fait religieux au sens large.

00:31:46: Ça marche ça ?

00:31:48: Quand tu te positionnes, quand tu profiles comme festival en francophonie avec...

00:31:52: Bon, on a une dimension internationale.

00:31:53: et donc oui.

00:31:54: On peut venir de Suisse, de France, de Belgique... Après le l'outil YouTube il est présent partout dans cet espace.

00:32:00: Donc ça crée déjà un outil commun qui harmonise certaines choses pour les créateurs du contenu.

00:32:05: Et après effectivement les contextes sont différents mais je pense que ça peut être intéressant d'apprendre d'un autre contexte à la fois pour les gens qui viennent et qui découvrent le contexte suisse que pour les personnes, parce-que bien sûr des consommateurs de contenus YouTube ne sont pas limités aux frontières.

00:32:24: Je pense que c'est intéressant pour le public d'en comprendre dans quel contexte ou pour quelle audience un contenu est produit et comment il est pensé par son créateur.

00:32:30: Et pour un créateur de se dire « attiens j'ai une audience qui a un contexte très différent ».

00:32:36: même pas toutes les différences entre les cantons.

00:32:38: Donc là aussi, il y a des choses plein de choses à dire.

00:32:41: L'an dernier Damien Fabre qui était dans notre jury qui est donc de la chaîne YouTube Religaré, il a rencontré Manély Faramande qui était aussi dans le jury la responsable du centre d'information sur les croyances à Genève et il a fait une vidéo avec elle pour son audience en France, en expliquant les différences sur le concept de secte en Suisse et en France par exemple.

00:33:01: Donc finalement ça a donné lieu… Le prix pharelle l'a donné lieu à un contenu d'informations comme ça….

00:33:05: – Presque

00:33:06: la médiation culturelle à ce

00:33:07: stade d'ailleurs !

00:33:07: – Exactement !

00:33:08: Et c'est exactement ce qu'on veut !

00:33:09: C'est-à-dire faciliter la compréhension entre les frontières, entre les univers.

00:33:14: –

00:33:16: On peut parler de la question de l'avenir de ce festival ?

00:33:20: On en a déjà tout petit peu parlé de la perspective qui nourrit en tout cas maintenant... pour tout le monde.

00:33:32: Mais comment tu verrais, c'est peut-être un peu tôt pour dire que tu es en train de finaliser ton édition mais j'imagine qu'on pense toujours à la suite quand on dirige un projet comme celui là... là où tu le vois dans les cinq, six et tous les deux ans, les dix prochaines années.

00:33:53: Je sais pas si on se projette sur dix ans mais clairement ce qu'on prépare maintenant c'est pour poser le terrain pour de mille vingt-huit donc dans les deuxans.

00:34:00: Ce que l'on a déjà commencé à faire entre les deux éditions précédentes c'était proposer quelques films, conférences, rencontres... Entre les deux Éditions.

00:34:08: Donc continuer à exister entre des édition simplement pour que les gens ne nous oublient pas que peut-être notre expertise, lien, connaissance puisse être reconnue qu'on puisse se mettre en lien aussi.

00:34:20: Souvent des gens nous écrivent en nous demandant vous auriez pas un film sur tel sujet ?

00:34:22: Vous ne connaitriez pas une réalisatrice qui a travaillé sur telle communauté

00:34:25: ?

00:34:26: Un réseau vivant à côté

00:34:26: de tout !

00:34:27: Maintenant exactement ce réseau-vivant.

00:34:30: et puis toucher de nouveaux publics parce que le fait religieux historiquement comme on l'a vu le prix pharelle est né dans les milieux protestants puis catholique en tous cas ecumenique évidemment que ça peut... Les sujets qui traitent peuvent concerner bien d'autres... d'autres communautés religieuses, donc continuer à se faire connaître auprès d'autres communautés.

00:34:46: et puis auprés des questions qui s'intéressent aux questions éthiques tout simplement.

00:34:50: Donc simplement déjà vivre entre les éditions, continuer à garder une taille humaine comme on disait pas forcément grossir.

00:34:56: l'objectif c'est pas être XXL mais d'être plutôt dans la profondeur, dans des échanges de qualité que les gens qui viennent puissent avoir la garantie de ressortir de là en ayant appris quelque chose rencontrer quelqu'un mieux compris un phénomène et d'avoir été eux-mêmes partie prenante du processus de pensée afin de se sentir intégrés dans la discussion pleinement à sa place, puis de permettre des rencontres.

00:35:21: Moi ce que j'aimerais c'est que les gens se rencontrent, que ça crée un réseau qu'on revienne au prix pharelle parce qu'ils n'y rencontrent telle personne même pas tellement pour le programme mais pour les gens qui sont là en sachant qu'ont rencontre toujours des gens... intéressant, et puis qu'on continue à s'ouvrir finalement.

00:35:37: Le documentaire c'est l'ADN.

00:35:38: mais finalement après qu' on continue de s'ouvrir a tous les nouveaux formats on peut très bien parler des séries.

00:35:43: d'ailleurs on aura une série en ouverture du festival cette année sur la question des enfants placés Une série ARTS qui va sortir en novembre.

00:35:50: J'allais

00:35:50: dire petit sujet actuellement.

00:35:52: Petit sujet actuelment, mais voilà la série est aujourd'hui fait partie de nos vies.

00:35:57: Là cette série est basée sur des faits réels.

00:35:59: c'est aussi pour ça qu'on l'a choisi.

00:36:01: un des critères.

00:36:02: donc voilà comment la fiction se base sur les faits réales.

00:36:05: elle peut prendre la forme d'une série.

00:36:06: pourquoi pas sourire au format radio?

00:36:08: finalement le format importe peu.

00:36:10: c'était construit autour comme thématique comme qualité d'échange comme qualité de débat.

00:36:15: Et puis les personnes qu'on invite bien sûr, qu'ont envie de faire venir qui nous tiennent à cœur.

00:36:22: Est-ce que tu dirais... Qu'est ce qu on dit comme remède ?

00:36:28: Oui elle est comme remaide à la saturation et à la polarisation.

00:36:34: c'est l'empathie que vous proposez en fait presque une entrée parce qu'en parle de rencontre.

00:36:39: Se rapprocher ouais le lien ça c'était très protestant.

00:36:42: non je sais pas ce que t'en penses.

00:36:44: Est ce que c'être très protestante?

00:36:47: J'ai une hésitation si tu veux.

00:36:50: Le protestant insiste, il me semble sur quelque chose comme une intégrité de la vérité justement, presque quelque chose où je dois l'apporter entièrement, presque moi-même dans qui je suis et dans mon existence, c'est pas uniquement la prétendre sans que ça a une incidence.

00:37:09: L'incarner, la vitoire… Ouais

00:37:10: !

00:37:10: Quelque chose comme ça.

00:37:11: Et ce qu'il peut bien sûr, est-ce qu'y a un incident sur le collectif ?

00:37:16: Je trouve justement au contraire que cette insistance-là, enfin ça se contredit pas.

00:37:19: mais j'y vois quand même un pas qui va plus loin de moins me focaliser sur le contenu d'apprédication l'évangile la vision de Dieu et des choses.

00:37:30: Et plus dire ok mais en fait précisément si c'est appelé à s'incarner dans tout ça dans une vie je dois aussi me rendre présent à ce niveau là indépendamment presque du contenu.

00:37:43: Il y a un espace, il y a encore une rencontre...

00:37:46: Certes, alors la qualité du contenu reste une boussole.

00:37:49: Et on fait toujours attention à ce que les débats soient modérés par des personnes qui ont l'habitude de ça et qui vont en savoir faire dans le domaine.

00:37:56: On sélectionne les films il y a une vraie

00:37:58: curation.

00:37:59: On réfléchit

00:38:00: longtemps aux conférences qu'on propose etc... Donc bien sûr que la qualité d'un contenu je dis que quand une personne sort de pharelle j'aimerais qu'elle ait vraiment retenue, appris, découvert.

00:38:08: donc il ya quand même le sérieux du contenus qui est... Je veux dire ça pour moi c'est une base évidemment mais aussi cette dimension du lien que ce soit pas juste un festival où on arrive de manière anonyme, qu'on se sent accueillis et reçus.

00:38:23: C'est quelque chose que l'on cherche à préserver.

00:38:26: Ce n'est pas forcément un objectif en soi ou on veut atteindre, c'est juste quelque chose qu'il n'aimerait pas perdre.

00:38:31: Et puis après sur le développement d'où aller... Encore une fois je pense que ce sont nos manières de consommer ou de regarder, de regarder finalement.

00:38:45: C'est nos manières d'en regarder qui vont elles orienter aussi les propositions qui seront faites au festival et aux manières de vivre aussi en lien avec l'image.

00:38:55: c'est plutôt ça qui nous guide donc quelque part c' est un lieu d'interconnexion entre on va dire toutes ces questions éthiques religieuses et le reste de la société.

00:39:07: Donc il y a encore un fonds une présence protestante à ce niveau là même si ce n'est pas organisé par les églises, mais c'est un lieu de rencontre entre ces questionnements-là et le reste la société.

00:39:19: Et qu'il a pour le coup effectivement, si on vous dit là-dessus ça me semble très protestant.

00:39:22: Effectivement de ne pas réserver ses préoccupations à un espace privé fermi sur lui-même... On peut

00:39:29: plus toute manière !

00:39:31: Ouais mais disons que c'était une perception notamment en francophonie du religieux qui est aussi imposé par certaines structures politiques, sociales.

00:39:41: Mais où le protestantisme ne vient pas de ça et résiste un peu à ça quand même je crois justement dans sa dimension aussi de vouloir garder une dimension publique au niveau des activités, ces propositions de sens, d'un peu malgré tout avoir quelque chose comme une presse... Il n'y a rien journalisme protestant ou en tout cas il l'a existée.

00:40:01: Et là ce festival Non mais je dis il a existé parce que c'est un fait partout, et ce n'est pas que dans le protestantisme.

00:40:07: C'est la presse en général qui est en train de prendre chair pour le dire là aussi très rapidement.

00:40:16: Donc ouais... Là pour le coup ils me sentent que ça rejoint tout à fait quelque chose de très protestantier, j'ai repris comme tu l'as dit avant !

00:40:23: On arrive gentiment à la fin de cette discussion.

00:40:26: on a abracé pas mal de choses.

00:40:27: Est-ce qu'il y a un enjeu que tu souhaites encore mettre particulièrement en avant, comme un point d'orgue.

00:40:32: La chose qu'il ne faudrait pas oublier, ou la chose qui faudra avoir retenu à la fin de notre discussion ?

00:40:38: Retenu de la discussion que le prix faraille a il y a dix-neuf et vingt-deux novembre !

00:40:41: Alors là je repars dans mon marketing tout bête et méchant... Et puis qu'on recherche toujours des bénévoles donc ça c'est juste.

00:40:50: voilà on reste un festival associatif mais sinon voilà sur le en termes d'idées voilà je pense qu'en est un festival qui a une chouette histoire et qui se renouvelle, qui essaye de s'adapter au monde d'aujourd'hui et de répondre à ses problématiques.

00:41:06: Mais tout en gardant cette identité... Enfin je crois que j'ai martelé mais en gardants cette taille humaine, cette dimension humaniste.

00:41:13: Et c'est plutôt ça qui nous guide.

00:41:15: On va dire que clairement ce n'est pas une idéologie religieuse ou effectivement une confession quelconque.

00:41:26: C'est vraiment cette dimension cette dimension du lien, de l'échange et puis qu'on espère qui finalement n'est pas si évident que ça aujourd'hui.

00:41:35: Faire sortir des gens de chez eux les réunir... Parfois j'ai l'impression qu' on est à contre courant.

00:41:41: donc ça peut paraître comment dire en fait c'est des portes ouvertes que de dire on prend le lien et la discussion mais dans l'effet ce n'était pas si simple, ce ne sont pas si évidants.

00:41:51: je crois que pleins de lieux s'en rendent compte.

00:41:54: et donc soigner ça et donner lieu a ça C'est déjà un bout de challenge, je crois.

00:42:16: Ce que je retiens du positionnement et du prix pharelle c'est que tout en connaissant les défis actuels de la communication ou de la bulle médiatique il ne cherche pas à en sortir ou à s'isoler mais plutôt

00:42:27: à ralentir.

00:42:28: Il invite à adopter un rythme de marche vivable pour permettre la compréhension de ce qui se passe aujourd'hui Et aussi pour permettre à une personne un visiteur de se laisser toucher par un regard possible sur le monde par les personnes qui l'habitent.

00:42:44: Aborder le fait religieux dans une perspective protestante, ce n'est pas resserrer de manière encore plus forte les maillons de sa propre perspective c'est au contraire plutôt l'ouvrir déjouer des standardisations faire de la place pour que l'on puisse s'exposer à une rencontre

00:43:00: décisive Une rencontre qui risque peut-être de me transformer moi

00:43:04: et le monde avec moi.

00:43:07: Je crois que c'était le Paris qu'avaient pris les humanistes à l'époque de la réforme et j'entends que c'est le pari qui nous propose Camille aujourd'hui.

00:43:16: Si l'épisode vous a interpellé sur un point ou sur une autre, ou qu'il vous donne envie de partager vos propres expériences, vos propères réflexions bien n'hésitez pas à le faire en commentaire sur nos différentes plateformes ou à me contacter directement par mail à l'adresse helio.jaiarovazevref.ch.

00:43:33: si cet épisode vous a intéressés bien abonnez-vous à nos canaux de diffusion que ce soit sur Spotify, sur Apple Podcast mais encore à notre lettre de nouvelles sur le site ekscirais.ch.

00:43:48: Moi je vous donne rendez-vous au prochain épisode.

00:43:50: D'ici là, portez-vous bien !

00:43:52: Ciao.

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